Avec le printemps, le loup (Canis lupus) se montre. Dans la Drôme, un loup a été abattu récemment à la suite d’une attaque sur un troupeau ayant tué 6 béliers. Le 15 avril dernier, un photographe a pris une photo d’un loup au Mont Ventoux. La pression sur les troupeaux est réelle. L’on estime à plus de 10 000 le nombre d’animaux tués par le loup chaque année. Même si le nombre a diminué de 13 % depuis 2018 et ce, malgré l’augmentation de la population louvine. Soulignons que le loup n’est pas le seul responsable des attaques. On rapporte qu’en 2017 en Ardèche, une meute de chiens errants a tué 40 brebis en quelques jours.
Cette situation a conduit à l’abaissement du niveau de protection du loup prévu par la convention de Berne, en permettant d’augmenter les possibilités de tirs de « régulation ». Mais, pour l’Observatoire du loup « Cela ne réglera rien ». La Coordination rurale, tient des propos similaires : « Ce n’est pas une fin en soi, de tuer des loups, et ce n’est pas un avenir, de laisser la prédation sur les troupeaux se développer ». L’Observatoire du loup, estime que le nombre de loups va atteindre sa limite et qu’à terme, l’on ne dépassera pas les 2.000 loups.
Il faudra donc faire avec et changer de méthode en modifiant les pratiques pastorales afin de recouvrer une co-existence apaisée. Pour cela, sur un zonage déterminé, si on veut endiguer les massacres, il faut associer les compétences : un comportementaliste du loup, un spécialiste des chiens de berger, un spécialiste des clôtures, un spécialiste du pastoralisme local, car on ne garde par les moutons dans les Alpes comme dans les Cévennes…
Avec le retour du loup il n’est plus possible de laisser d’immenses troupeaux en liberté dans les montagnes. Il est nécessaire de les protéger en les regroupant la nuit, en utilisant des chiens de protection et de conduite, des effaroucheurs (drones) et en salariant un berger ou un aide-berger. Ces moyens de protection demandent plus de travail, mais lorsqu’ils sont correctement mis en place, ils réduisent la fréquence des attaques et le nombre de bêtes tuées. Ainsi, une diminution de 71 % des dommages a été observée après l’introduction de chiens de protection, comme les Patous.
L’Etat doit aider à la mise en place de ces dispositifs car l’on ne peut laisser les bergers se désespérer et déprimer devant l’écimage de leurs troupeaux, même s’ils sont indemnisés. C’est aussi en changeant notre mode de consommation, c’est à dire en achetant du mouton français et pas Néo-zélandais, que nous soutiendrons cette profession et donnerons aux bergers les moyens de se protéger. Certes le mouton français est un plus cher mais cela permet aussi d’éviter de faire traverser les carcasses sur la moitié de la planète. C’est donc un appel à la cohérence des consommateurs.
Le loup pâtit d’une image enfouie dans des peurs ancestrales. Pourtant, au cours des 60 dernières années, on n’a dénombré que 4 personnes tuées en Europe. Comme l’Homme, il est en haut de la chaîne alimentaire et en fait payer le prix.
Le loup peut aussi avoir un rôle positif dans les zones où il y a une faune sauvage. Il sélectionne les proies les plus faibles, souvent une faune malade et limite ainsi la propagation des maladies. Il contribue également à la régénération de la forêt et à sa diversification en limitant la prolifération des sangliers, des chevreuils et des cerfs, qui exercent une forte pression sur les forêts. Ce rôle n’est pas probant dans les zones consacrées à l’élevage où la pression s’exerce essentiellement sur les troupeaux.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le loup, il faut visiter le site de l’association Ferus (1) qui se passionne pour la vie sauvage et dont sont tirées les photos. Cette association traite aussi de l’ours et du lynx.
Vous pouvez aussi visionner l’excellent film diffusé par l’Office national du film canadien, intitulé « La fin d’un mythe », réalisé par Bill Mason en 1971 qui vous fera pénétrer dans l’univers du loup (2).
(1) Association Ferus : ferus.fr
(2) https://www.onf.ca › film › fin_dun_mythe
Comment reconnaître un loup ?

Régime alimentaire du loup

Le berger, son troupeau et les chiens Patous

