Flash info 55

Chers amis,

Bienvenue dans ce nouveau numéro de Flash Info qui s’ouvre avec un dossier sur le loup. Et toujours des informations et des rendez-vous à ne pas manquer.

* Le temps des cerises est arrivé. Difficile de ne pas citer, à ce moment, un passage de la chanson éponyme écrite en par Jean Baptiste Clément et rendue célèbre par Yves Montand:

J’aimerai toujours
Le temps des cerises
Et le souvenir
Que je garde au cœur

Ce que l’on sait moins, c’est que l’auteur fut communard et rédigea une version parodique de la célèbre ronde enfantine « Dansons la capucine », en 1870 au moment de la chute du Second Empire.

* Vestiges de l’Eglise. Le rapport de l’Institut National de Recherche Archéologique Préventive (INRAP) devait être rendu fin janvier. Gageons que ce regard augure de bonnes nouvelles, à savoir la valeur du site, ce qui permettrait de prolonger les recherches et leur mise en valeur. A suivre…

* Loup y es-tu ? Avec le printemps, le loup (Canis lupus) se montre. Dans la Drôme, un loup a été abattu récemment à la suite d’une attaque sur un troupeau ayant tué 6 béliers. Le 15 avril dernier, un photographe a pris une photo d’un loup au Mont Ventoux. La pression sur les troupeaux est réelle. L’on estime à plus de 10 000 le nombre d’animaux tués par le loup chaque année. Même si le nombre a diminué de 13 % depuis 2018 et ce, malgré l’augmentation de la population louvine. Soulignons que le loup n’est pas le seul responsable des attaques. On rapporte qu’en 2017 en Ardèche, une meute de chiens errants a tué 40 brebis en quelques jours.

Cette situation a conduit à l’abaissement du niveau de protection du loup prévu par la convention de Berne, en permettant d’augmenter les possibilités de tirs de « régulation ». Mais, pour l’Observatoire du loup « Cela ne réglera rien ». La Coordination rurale, tient des propos similaires : « Ce n’est pas une fin en soi, de tuer des loups, et ce n’est pas un avenir, de laisser la prédation sur les troupeaux se développer ». L’Observatoire du loup, estime que le nombre de loups va atteindre sa limite et qu’à terme, l’on ne dépassera pas les 2.000 loups.

Il faudra donc faire avec et changer de méthode en modifiant les pratiques pastorales afin de recouvrer une co-existence apaisée. Pour cela, sur un zonage déterminé, si on veut endiguer les massacres, il faut associer les compétences : un comportementaliste du loup, un spécialiste des chiens de berger, un spécialiste des clôtures, un spécialiste du pastoralisme local, car on ne garde par les moutons dans les Alpes comme dans les Cévennes…

Avec le retour du loup il n’est plus possible de laisser d’immenses troupeaux en liberté dans les montagnes. Il est nécessaire de les protéger en les regroupant la nuit, en utilisant des chiens de protection et de conduite, des effaroucheurs (drones) et en salariant un berger ou un aide-berger. Ces moyens de protection demandent plus de travail, mais lorsqu’ils sont correctement mis en place, ils réduisent la fréquence des attaques et le nombre de bêtes tuées. Ainsi, une diminution de 71 % des dommages a été observée après l’introduction de chiens de protection, comme les Patous.

L’Etat doit aider à la mise en place de ces dispositifs car l’on ne peut laisser les bergers se désespérer et déprimer devant l’écimage de leurs troupeaux, même s’ils sont indemnisés. C’est aussi en changeant notre mode de consommation, c’est à dire en achetant du mouton français et pas Néo-zélandais, que nous soutiendrons cette profession et donnerons aux bergers les moyens de se protéger. Certes le mouton français est un plus cher mais cela permet aussi d’éviter de faire traverser les carcasses sur la moitié de la planète. C’est donc un appel à la cohérence des consommateurs.

Le loup pâtit d’une image enfouie dans des peurs ancestrales. Pourtant, au cours des 60 dernières années, on n’a dénombré que 4 personnes tuées en Europe. Comme l’Homme, il est en haut de la chaîne alimentaire et en fait payer le prix.

Le loup peut aussi avoir un rôle positif dans les zones où il y a une faune sauvage. Il sélectionne les proies les plus faibles, souvent une faune malade et limite ainsi la propagation des maladies. Il contribue également à la régénération de la forêt et à sa diversification en limitant la prolifération des sangliers, des chevreuils et des cerfs, qui exercent une forte pression sur les forêts. Ce rôle n’est pas probant dans les zones consacrées à l’élevage où la pression s’exerce essentiellement sur les troupeaux.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le loup, il faut visiter le site de l’association Ferus (1) qui se passionne pour la vie sauvage et dont sont tirées les photos. Cette association traite aussi de l’ours et du lynx.

Vous pouvez aussi visionner l’excellent film diffusé par l’Office national du film canadien, intitulé « La fin d’un mythe », réalisé par Bill Mason en 1971 qui vous fera pénétrer dans l’univers du loup (2) et vous reporter à notre site internet saintrestitut-n-p.fr pour lire le dossier complet.

(1) Association Ferus : ferus.fr

(2) https://www.onf.ca › film › fin_dun_mythe

* Mauvaise nouvelle. Alors que le label « Agriculture biologique » fête ses 40 ans, le gouvernement vient de supprimer 15 millions d’euros de subventions à l’Agence Bio chargée de promouvoir une agriculture sans pesticides et d’inciter à la reconversion des exploitations.

* Vers une extinction des insectes ? Une enquête réalisée au Royaume-Uni révèle une baisse du nombre d’insectes de plus de 63% entre 2021 et 2024. C’est le résultat d’une étude menée depuis 4 ans. 9000 personnes ont été sollicitées pour une expérience originale ; photographier leur plaque d’immatriculation pour évaluer le nombre d’insectes écrasés. Les photos étaient ensuite transmises aux chercheurs pour dénombrer les insectes.

Pour Philippe Grandcolas, chercheur au CNRS, « Le résultat n’est malheureusement pas étonnant. On est dans une situation d’effondrement rapide et brutal« . Au delà des pesticides, la disparition des haies et des zones humides sont aussi en cause.

Or, beaucoup d’insectes sont des pollinisateurs. Le chercheur alerte :« Un monde sans insectes est un monde dans lequel la production de fruits et de légumes s’effondre, où le recyclage de la matière organique ne va pas bien se faire. Un monde dans lequel les oiseaux et les amphibiens auront du mal à trouver de la nourriture ».

Paradoxe, à l’Assemblée nationale un texte visant à autoriser de nouveau certains néonicotinoïdes, ces pesticides surnommés les « tueurs d’abeilles », doit être examiné prochainement…

* Parlez-vous l’Inuit ? Le patrimoine c’est aussi la langue. Frédéric Vitoux. membre de la commission du Dictionnaire de l’Académie française s’inquiète du délabrement de la langue française. Il rappelle que les Inuits, peuple autochtone des zones arctiques, ont vingt locutions pour décrire les nuances de blanc de la neige comme « neige tombée », “neige sur le sol” ou « neige soufflée par le vent ». Inversement, dans certains pays, il n’existe qu’un seul mot pour décrire plusieurs couleurs. Il ajoute : « Sans la maîtrise de la langue, on ne peut plus communiquer avec les autres que de manière simple. Et lorsqu’on n’arrive plus à dire avec finesse ce que l’on pense, on cogne. (…) À l’image des réseaux sociaux qui favorisent l’invective, l’insulte, ainsi que le repli sur soi, car lorsqu’on a que des amis virtuels, c’est qu’on n’a plus d’amis ».

L’anthropologie montre que la langue façonne notre vision du monde. La propagande nazie a utilisé ou imposé des mots de façon à orienter l’esprit des Allemands. On retrouve cette idée dans le célèbre 1984 de George Orwell, avec la novlangue. En réduisant la langue, on empêche les individus de penser estime l’anthropologue Régis Meyran. Rappelons que les Inuits, sont probablement issu des peuplades allant de l’Ancien au Nouveau Monde par le détroit de Béring durant la glaciation remontant à – 8 000 ans avant JC. A l’heure du langage squelettique des textos, cela fait rêver….

* Ça roule… Samedi 24 mai après-midi, l’association Vivre, respirer, se déplacer en Tricastin vous invite à participer à la tenue d’ateliers de réparation-vélo et de remise en selle, ainsi que la projection d’un documentaire sur les VEhicules Légers et Intermédiaires (VELI). Rendez-vous sur sur le parvis de l’Espace Coluche – Mosaïc et chez les Frères Maristes.

La suite au prochain numéro…

Saint-Restitut Nature & Patrimoine

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