Flash info 57

Chers amis,

Un peu de botanique, une dose de label, quelques infos, un cri du cœur et un coup de gueule, voilà le sommaire de ce nouveau numéro pré estival.

* Connaissez-vous Smilax aspera ? Peut-être pas, mais à coup sûr vous connaissez l’herbe aux Schtroumpfs dont le nom est : la Salsepareille (Voir photo). C’est une liane vivace, caractéristique du climax de la chênaie méditerranéenne de la famille des smilacacées. Ses tiges volubiles, avec des feuilles luisantes en forme de cœur, sont ligneuses et épineuses et peuvent atteindre 3 m de haut.

Peu de gens le savent mais les parties jeunes des branches de salsepareille sont consommées crues, ou cuites, en Espagne et dans plusieurs pays méditerranéens. On les cueille au printemps, encore rougeâtres et tendres. Elles ont une saveur légèrement amère et peuvent être préparées comme les asperges. L’amertume est due aux saponines qu’elles contiennent, molécules détergentes (en latin sapo=savon, d’où le nom des saponaires…) qui sans être toxiques, interfèrent avec l’absorption des aliments. Cette propriété gênante disparait à la cuisson, par trempage ou par fermentation. Les fruits ressemblent à des groseilles. En principe non comestibles, ils sont pourtant utilisés en Sicile pour faire des confitures.

Elle est utilisée comme plante médicinale (rhumatisme, eczéma, psoriasis, grippe). Seules ses racines sont utilisées. Elle a une action diurétique et favorise la circulation. En Martinique elle est vendue sous forme de racines séchées pour « purifier » le corps.

* Le label Bio menacé ! Alors que le label Agriculture Biologique fête ses 40 ans, le gouvernement souhaite supprimer près de 15 millions d’euros à la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) qui structure et soutient le développement de la bio. « On voudrait tuer la timide reprise que connaît le secteur qu’on ne s’y prendrait pas autrement », s’insurge Loïc Madeline, de la FNAB.

Cela arrive à un mauvais moment. Le label, qui représente moins de 6 % de la consommation alimentaire des ménages, vient de subir deux années de crise. Or, l’on selon l’INRAE, l’agriculture biologique améliore de 30 % la biodiversité par rapport à l’agriculture conventionnelle. Il faudra aussi un jour comptabiliser dans les coûts de production, le travail humain, les conséquences des pratiques agricoles industrielles, les pollutions de l’eau et des sols,… Et avoir un peu de cohérence. Au delà des déclarations bravaches au sommet de Nice sur les océans, prendre les mesures nécessaires pour traiter les pollutions à la source car, comme le dit le dicton, « tout finit toujours à la mer« .

* Oui, le glyphosate est cancérigène. Une étude menée par l’Institut Ramazzini a montré que le glyphosate (Round Up) présente un effet cancérogène significatif. Les rongeurs exposés ont développé des leucémies et des tumeurs bénignes et malignes sur plusieurs organes. Ces résultats, publiés dans Environmental Health, confortent la conclusion du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) qui avait classé le glyphosate comme cancérogène probable pour l’homme. (Le Quotidien du médecin du 13 juin 2025)

* Vos salades montent en graine ? Combien de fois vous est-il arrivé de voir au cœur de vos salades apparaître une tige avec des graines à la veille de leur maturité ? Ce phénomène survient lorsque les plantes détectent des conditions stressantes (chaleur intense, manque d’eau, sol compacté) et optent pour privilégier leur reproduction plutôt que leur croissance végétative. Les anciens savaient que la lune influençait aussi la montée en graine. Raison pour laquelle ils semaient les salades, mais aussi d’autres légumes dont on ne souhaite pas la montée en graine comme les oignons, les radis ou les épinards, en lune décroissante. Attention de ne pas confondre lune décroissante et lune descendante. La première est fonction de la forme de la lune, la seconde de sa hauteur sur l’horizon. Pour plus de détails :

https://www.graines-semences.com/actualites/2894-semis-semences-lune-phases-lunaires-travaux-jardin-potager-biologique-achat.html

* Vous reprendrez bien du cadmium ? À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, les médecins libéraux ont alerté sur les dangers du cadmium, et l’ampleur de notre contamination. La contamination des Français, en particulier des enfants, a atteint un niveau préoccupant. L’imprégnation au cadmium a quasiment doublé entre 2006 et 2014. Le cadmium est un métal qui s’accumule dans l’organisme humain via notre alimentation, notamment les pâtes, le pain, les pommes de terre, voire certains légumes. Il est cancérigène, reprotoxique et potentiellement mutagène. Une fois dans notre organisme, il s’accumule dans le foie et les reins. Un lien est soupçonné avec l’explosion des cancers du pancréas.

Cette contamination provient principalement des engrais minéraux épandus sur les cultures. Or, les phosphates sont riches en cadmium, principalement ceux importés des mines marocaines. C’est pourquoi les médecins exhortent les pouvoirs publics à imposer une teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés. Cela réduirait la contamination des sols. Il restera toutefois la question de la bioaccumulation…

* Viande Halal non merci ! A l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd, le 6 juin dernier, la fondation Brigitte Bardot a renouvelé son appel visant à réclamer la loi obligeant l’étourdissement préalable des animaux avant l’abattage. En effet, le règlement (CE) n° 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux stipule que l’étourdissement préalable est obligatoire… sauf dérogation concernant « les animaux faisant l’objet de méthodes particulières d’abattage prescrites par des rites religieux« .

Il faut savoir qu’entre la section de ses vaisseaux sanguins et la perte de conscience, l’animal ressent de la douleur, du stress et de la peur. La durée de cet intervalle peut aller de 20 secondes chez le mouton, à 25 secondes chez le porc et jusqu’à 2 minutes chez les bovins et plus de 2 minutes et demi chez les volailles. Un récent reportage de l’association L 214 sur l’abattoir de Meaux a montré l’horreur de ces pratiques (1).

Il y a un problème supplémentaire, c’est que beaucoup d’abattoirs commercialisent de la viande Halal sans le préciser. Ainsi, il y a 60% de probabilité que vous mangiez du Halal sans le savoir !

Que faire ? Dans l’attente d’une obligation d’étiquetage, grâce à l’application téléchargeable « Suivez le coq » (2), vous pouvez lire le code de l’abattoir sur l’étiquette et connaitre la méthode d’abattage afin de savoir ce que vous mangez et ne pas alimenter une filière qui est aussi une taxe religieuse.

(1) https://www.l214.com/

(2) https://suivezlecoq.fr/telecharger-notre-application/

* Mieux vaut en rire ! Postulant pour une licence de psychologie sur le site Parcoursup, une lycéenne a fait un canular. Au chapitre de la lettre de motivation elle a mis une recette de brownie. Et sa demande fut acceptée ! Qui sait, pour une démarche d’embauche, un poème de Prévert aurait eu toutes ses chances….

* Les yeux pour pleurer ! Dans le dernier chapitre du feuilleton intitulé « Les caprices du Prince », l’on a appris il y a quelques jours par une presse servile, que la commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), opposée au remplacement des vitraux créés par l’architecte Viollet-le-Duc pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, aurait donné son feu vert au projet de remplacement par des vitraux « contemporains« . Or cette information est un mensonge d’Etat comme le révèle la Tribune des Arts :

https://www.latribunedelart.com/vitraux-de-notre-dame-un-mensonge-d-etat

En réalité, la CNPA a rappelé opposition et pris acte de la décision de la ministre de passer outre son avis, en précisant ce qui devrait être fait a minima, si le projet devait aboutir. La ministre de la Culture, Rachida Dati, mise en cause dans l’affaire Carlos Ghosn – du nom de l’ex-PDG de Renault-Nissan, n’en est effectivement pas à une incartade près. Il est vrai que la mairie de Paris se pointe à l’horizon…

Le fait du Prince est aussi soutenu par l’archevêque de Paris au nom de la « modernité« . En dehors du sacrilège patrimonial, rappelons que nous avons un premier ministre qui dit chercher des économies alors que l’on va dépenser au moins 4 millions pour remplacer des vitraux classés sortis indemnes  de l’incendie.

Rappelons cette phrase de l’Ecclésiaste :  » Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant ! » et espérons que Stéphane Bern, bien introduit auprès de la présidence, pourra s’opposer à cette idée stupide.

Rejoignez les près de 300 000 personnes qui s’y opposent. Signez et faites signer la pétition réclamant l’abandon du projet :

https://www.change.org/p/conservons-%C3%A0-notre-dame-de-paris-les-vitraux-de-viollet-le-duc/

* Assemblée générale. Pour nos adhérents nous rappelons que nous avons rendez-vous samedi 28 juin à 11h pour notre Assemblée générale. Inscription sur le site saintrestitut-n-p.fr

A bientôt,

Saint-Restitut Nature & Patrimoine

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