Chers amis,
Quelques pluies providentielles, quoique trop modestes, ont brisé la canicule permettant de retrouver des températures agréables et d’humidifier les massifs réduisant ainsi la menace d’incendies, sauf plus au Sud où le risque reste élevé.
Plein de nouvelles dans ce nouveau numéro, que nous vous laissons découvrir.
* Fouilles de l’église, on avance. Comme nous vous l’avions annoncé en avant-première, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) qui a conduit les fouilles à l’automne dernier, et qui devait rendre son rapport en janvier 2025, présentera le fameux rapport au cours d’une conférence qui se tiendra le 19 septembre à 18h30 à la salle polyvalente du village.
C’est la responsable scientifique en personne, Marie Gagnol, qui en dévoilera le contenu. Gageons que ces 9 mois de décalage et le jumelage de cette rencontre avec les Journées Européennes du Patrimoine, qui auront lieu du 19 au 21 septembre, puissent être une promesse vis à vis de l’importance des résultats. L’on peut déjà révéler que les recherches ont permis de faire remonter l’histoire du site à l’époque gauloise. Un cimetière remontant à l’époque carolingienne a également été mis à jour.
Désormais, il nous faut espérer que la valeur de ce site appelle des fouilles complémentaires. Afin que ce patrimoine exceptionnel reste sous nos yeux, il faudra veiller à maintenir la visibilité des recherches et l’accès au site. C’est ce qui a été décidé dans le cadre de fouille similaires qui ont lieu à Gergovie depuis 2022. Rappelons que ce site fut le cadre d’une des rares défaites de Jules César en -52 avant JC et qu’il présente lui aussi une suite de strates révélant les évolutions au cours de l’histoire.
* Restitut ou Sidoine, la légende provençale de l’aveugle-né. Notre ami Michel Ginet vous invite à venir écouter une conférence qu’il donnera sur ce thème, le jeudi 7 août à 18h à la salle des muriers.
* Connaissez-vous le Rocher Mistral ? Au cœur du château millénaire de la Barben (voir photo) près de Salon de Provence, le Rocher Mistral fait revivre l’histoire à travers spectacles, costumes, combats et cascades, qui ravissent 150 000 spectateurs par an.
Le projet remonte à quelques années quand Vianney d’Alançon met son énergie et surtout ses économies dans la double réhabilitation du site. Ouvert en 2021, le projet a visiblement été mis en place à la hussarde en économisant certaines demandes d’autorisation de travaux. On invoque des menaces sur des espèces protégées comme la chauve-souris, inquiétudes repoussées par le propriétaire qui répond en disant qu’il a obtenu le label “Divertissement durable”, ce qui implique que le site réponde désormais à des exigences environnementales strictes. D’autant que le projet a prévu de s’étendre à des cultures traditionnelles et à de l’élevage d’espèces typiques sur 80 ha.
Résultat, procédures en cascade, refus d’autorisations, demandes de fermeture, sont devenus le lot quotidien du maître des lieux. Il semble qu’au delà des nécessaires ajustements réglementaires qu’il convient de faire, ce soit aussi un procès idéologique qui soit mené contre le projet. Des universitaires aixois, lui reprochent une vision « réactionnaire« , visant à « magnifier une Provence blanche, catholique et aristocratique« . Rien que çà !
De son côté la Préfecture accompagne le projet en essayant d’améliorer les points faibles. N’est-ce pas la meilleure solution ?
* Non à la ligne THT en Crau ! L’Etat et RTE (Réseau de Transport d’Electricité) souhaitent construire une ligne aérienne THT de 65 km de long (400.000 volt entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Cette ligne a pour objectif d’assurer la décarbonation de la zone industrialo portuaire. Elle traverserait la Terre d’Argence, la Camargue et la plaine de la Crau. Outre le Parc Naturel Régional de Camargues, elle coupe en deux la Réserve des Coussouls de Crau, dernière steppe aride d’Europe, impacte 4 zones Natura 2000 et saccage des exploitations agricoles.
Cet objectif louable de décarbonation peut être atteint par d’autres moyens : l’enterrement de la ligne, la réactivation de la liaison sous marine entre Port la nouvelle et Fos,… solutions que vous pourrez découvrir sur le site de l’association Agir pour la Crau https://www.agirpourlacrau.fr/ligne-tht
Cette contestation intervient au moment où 2 plaintes sont déposées par France Nature Environnement après la mort de deux aigles de Bonelli (*), deux femelles équipées de balises, trouvées à proximité de deux pylônes l’un dans la Sainte-Victoire, l’autre dans le massif de l’Etoile. Or l’aigle de Bonelli est le rapace le plus rare de France avec seulement 49 couples recensés. C’est une espèce protégée.
Rappelons que les auteurs de destruction d’espèces protégées risquent trois ans
d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende, amende qui peut monter au quintuple s’il s’agit
d’une personne moral.
Au delà des aigles de Bonelli, d’autres rapaces ou certains échassiers, notamment les flamands roses, verraient leurs itinéraires migratoires coupés par la nouvelle ligne THT.
(*) La Provence du 24 juillet 2025
* Le lièvre et la tortue. Le tour de France s’en est allé. On se rappelle qu’il y a un peu plus de 20 ans concourait l’équipe espagnole Festina dont Richard Virenque avait été le coureur emblématique, avant de sombrer dans une affaire de dopage. Festina était, et reste, une marque d’horlogerie espagnole, suisse à l’origine, dont la devise est « Festina lente ». Oxymore signifiant « Hâte-toi lentement ». En fait cette devise était celle adoptée par l »empereur romain Auguste, fils adoptif de Jules César. Cette devise encourage celui qui veut aller vite dans sa tâche à se concentrer sur la qualité de son travail, sur l’évaluation des risques pour ne rien laisser au hasard. Celui qui travaille lentement le fait avec soin, et celui qui travaille avec soin va vite en besogne.
Ce que La Fontaine déclamait dans la fable du « Lièvre et de la tortue » :
Hâtez-vous lentement et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Le bon sens populaire l’avait compris en disant : « Vite et bien ne vont pas ensemble ».
Au plaisir de vous croiser prochainement,
Saint-Restitut Nature & Patrimoine
