Flash info 63

Chers amis,

Attention, numéro chargé !  Vous y trouverez un compte-rendu des réunions municipales sur le PLU et sur les vestiges de l’église, un dossier sur le moustique-tigre, l’invitation à soutenir une association patrimoniale qui s’oppose à la destruction d’une magnifique petite église et enfin une initiative qui va au delà de nos préoccupations habituelles, mais que nous avons jugé cruciale pour répondre au poison de l’antisémitisme qui se diffuse dans la société.

* Compte-rendu de la réunion municipale sur le PLU. Jeudi dernier, la réunion a commencé par la présentation de la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) faite par le bureau d’étude Alpicité, celui là même qui avait réalisé le questionnaire en mars 2023. 70 personnes s’étaient déplacées, mais il s’agissait pour l’essentiel de personnes préoccupées par le sort de leur parcelle. Seule notre association a posé des questions d’intérêt général comme celle du nombre de logements permanents créés à l’échéance de 10 ans. Le dossier devrait être consultable prochainement sur le site de la mairie.

En préalable, Alpicité a indiqué que Saint-Restitut était loin d’être un bon élève puisque, selon la Préfecture, la procédure administrative n’est pas dans les clous depuis des années! Premier aveu, la municipalité a reconnu  »  avoir plus consommé d’espace que ce qui était autorisé « (sic). Deuxième aveu, l’Etat, probablement lassé par l’inertie municipale, a décidé d’appliquer des restrictions d’urbanisme dans le PLU comme celui lié aux risques incendies, ce qui touche une bonne partie du Planès, rejoignant ainsi notre demande d’arrêter de densifier la zone, au regard du risque incendie, mais aussi de la limite de la ressource en eau. 

En préalable, rappelons que la population avait été consultée par la mairie par le biais d’un questionnaire en mars 2023, questionnaire analysé … par le même cabinet, qui concluait en disant que 2/3 de la population voulait stabiliser la population à 1500 habitants et ne pas aller au delà de 670 logements permanents. Or, il y avait 1450 habitants en 2022 et 1493 au 1er janvier 2025. Et là, troisième révélation, le PLU prévoit de construire 85 logements sur la décennie pour “maintenir la population actuelle” (re sic)! Sachant qu’un logement héberge 2,2 habitant en moyenne à Saint-Restitut (dernier recensement), cela veut dire une augmentation de population de 187 habitants ! On est donc loin de la stabilisation souhaitée majoritairement par la population et de l’arrêt de la bétonisation de la commune. Cela veut aussi dire que l’on a dépensé des deniers publics pour réaliser un questionnaire dont on ne tient pas compte des résultats !

Il faudra être très vigilants, car la mairesse a parlé du Monastère des Rédemptoristines en disant que les dispositions préfectorales risquaient de s’opposer à l’aménagement de la zone, par exemple pour une « maison des seniors » ce qui serait contraire à la volonté des sœurs de conserver le caractère naturel du site.

Aussi, nous vous invitons à contacter le cabinet Alpicité (*) pour lui dire votre opposition à cette orientation du PLU et rappeler votre souhait d’arrêter l’urbanisation et de stabiliser la population à 1500 habitants. Pour information, le PLU devrait être présenté avant la fin de l’année et l’Enquête Publique (EUP) devrait se tenir avant l’été 2026, soit… après les élections municipales.

(*) Alpicité : Avenue de la Clapière, Rés n°1, Croisée des chemins, 05200 EMBRUN

Tél. : +33(0)4 92 46 51 80 E-mail : contact@alpicite.fr

* Rapport sur les vestiges de l’église. Le lendemain vendredi, une petite cinquantaine de personnes assistait à la présentation du diagnostic réalisé par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) en présence de son directeur régional. Plusieurs sondages ont été effectués autour de l’église et sur la place de la Résistance. Première révélation, auprès de l’église, il a été relevé des signes permettant de dater une activité humaine au IIIe ou IVe siècle avant J.C. , c’est à dire en période gauloise. Une autre strate a révélé la présence d’éléments datant du IIIe siècle après J.C. en période romaine. Enfin, des vestiges de bâtiment, probablement liés au culte ont été datés du IXe siècle, à côté desquels ont a trouvé des silos en relation avec le paiement de la dîme, impôt collecté à cette époque par le clergé. Place de la Résistance, un mur datant du XIII e siècle a été découvert, trace de vestiges ayant disparu avant 1810 puisque absent du cadastre napoléonien. Ensuite une archéologue spécialisée dans l’étude des ossements a révélé l’existence d’une nécropole au niveau du parvis de l’église, de sépultures, et même d’un linceul, datant du VIIIe siècle, puis des tombes et des corps remontant autour du XIIe siècle, pour finir avec les traces du cimetière qui fut déménagé à la fin du XIXe siècle.

Et maintenant ? Signalons que la mairesse a dit que la Préfecture lui avait demandé de réaliser un appel d’offres en vue de réaliser des fouilles, estimé selon elle, à près de 2 millions d’euros. Elle a ajouté que la commune n’ayant pas les moyens, elle avait refusé de lancer l’appel d’offre, ce qui lui a valu de voir sa requête rejetée, ce dont elle va faire appel.

Précisons qu’il s’agit bien d’un diagnostic, ce qui est l’étape préalable destinée à évaluer l’opportunité de conduire des fouilles plus complètes. Désormais la balle est dans le camp de l’Etat qui va se prononcer sur la base du rapport de diagnostic.

Suivant la réponse, il faudra bien que la mairie s’empare du dossier et fasse, comme nous l’avions suggéré dès le début, un plan de financement faisant appel aux subventions et au mécénat. Sans quoi, il faudra s’interroger sur le fait que la commune soit capable de monter un plan de financement de 2,5 millions d’euros pour un centre de santé disproportionné et incapable de financer la sauvegarde de notre patrimoine.

* Alerte au Moustique-tigre ! : Originaire d’Asie du Sud-Est, le moustique-tigre (Aedes albopictus) est désormais présent dans 84 départements. Comme nombre d’insectes piqueurs, il peut transmettre plusieurs maladies exotiques comme le chikungunya, le virus Zika, la dengue ou le virus du Nil occidental (*). Cette année, on a relevé 228 cas autochtones de chikungunya (c’est-à-dire des cas d’infection s’étant produits sur notre sol et une quinzaine de cas de dengue, principalement en Provence, Corse, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Auxquels se sont ajoutés, selon Santé Publique France, 946 cas importés de chikungunya, 825 de dengue et 7 de Zika.

Ces 4 maladies sont dues à une même famille de virus, les arbovirus. Elles ont en commun un syndrome grippal qui disparait la plupart du temps en quelques jours. Parfois, elles engendrent fatigue, fébrilité, éruptions cutanées, nausées et quelque fois des courbatures ou des conjonctivites. Le chikungunya s’accompagne de fortes douleurs articulaires qui va jusqu’à obliger les gens à se courber… Pour le Zika, il peut y avoir des complications neurologiques ou auto immunes graves (syndrome de Guillain-Barré), pour le virus du Nil occidental, l’évolution peut aller jusqu’à la méningite ou l’encéphalite. Il n’existe pas de traitement efficace contre ces maladies, seulement des traitements d’accompagnement contre la fièvre et la douleur. Pour la dengue, en sus des symptômes communs aux autres arbovirus, elle peut induire des risques hémorragiques dans 1% des cas. Dans les cas de dengue ou du Zika, le risque est accru pour les bébés in utéro, pouvant générer respectivement prématurité et microcéphalie.

 D’où vient cette colonisation ? Vu que ce moustique ne se déplace que très peu, quelques mètres seulement, c’est par le biais de l’homme qu’il est arrivé en Europe dans le port de Gênes, en 1990, sous forme d’œufs contenus par des pneus usagés qui contenaient de l’eau. Appréciant les températures comprises entre 20° et 30 ° il s’est acclimaté et a franchi la frontière niçoise en 2010.

Une étude parue dans Global Change Biology montre que « Les températures plus élevées créent un environnement favorable à la survie des moustiques et au développement de leurs œufs, ce qui suggère qu’en régions tempérées le changement climatique pourrait faciliter leur installation et renforcer leur prolifération« . Ce qui pourrait indiquer que le Grand Est, la Bretagne et le centre-nord de la France sont ses prochaines cibles.

Que faire ? Cette espèce prolifère à partir des réceptacles occasionnels d’eau (fond d’arrosoir, récupérateurs d’eau de pluie, gouttières, soucoupes de pot de fleurs, voire une bâche qui forme un creux). On estime que l’on pourrait réduire jusqu’à 80 % la présence de moustiques-tigres en supprimant les gîtes larvaires occasionnels. Il faut savoir que le cycle de vie du moustique est le suivant (variable en fonction de la température): durée de l’éclosion des œufs (2 à 10 jours), de la larve (4 à 14 jours), de la nymphe 1 à 3 jours. C’est pourquoi on estime en moyenne à 8 jours l’apparition des moustiques après une pluie.

En conclusion, au moment où vous lirez ces lignes, il est probable que l’assaut sera à son apogée….

(*) Dans ce cas, le moustique incriminé est le plus souvent du genre Culex qui est le nom du moustique commun de France.

* Sauvons de la destruction une chapelle médiévale mythique! Il existe une charmante chapelle (voir photo) sise sur la petite commune de Notre Dame de la Mer (734 ha), située en bordure de Seine dans le département des Yvelines. Cette chapelle est l’objet d’une tradition médiévale, qui visait à demander la protection de la Vierge Marie à travers un pèlerinage face aux vagues successives de pillages menées par les Vikings au milieu du IXe siècle. Cette chapelle très abîmée nécessiterait 600 000 euros de frais de restauration, somme impossible à réunir selon le maire.

L’association locale se bat pour qu’il y ait une nouvelle expertise qui série les travaux et permette de les étaler dans le temps. Pour les aider : https://www.urgencespatrimoine.fr/

* A la mémoire d’Ilan Halimi. La France entière a été horrifiée d’apprendre l’abattage de l’arbre qui avait été planté à la mémoire d’Ilan Halimi, victime d’un acte antisémite ignoble en 2006.

Afin de relayer l’appel de Me Alain Jakubowicz visant à planter un olivier dans chaque commune à la mémoire de cette victime, mais aussi de celle des Justes qui avaient eu le courage de protéger et de défendre les Juifs durant la guerre face à la barbarie du nazisme, nous avons écrit le 21 août dernier pour demander au Maire d’organiser une plantation symbolique dans notre village en invitant la population à participer à cette démarche symbolique dans un moment où l’antisémitisme que l’on espérait éteint, renaît de ses cendres. Dans un premier temps la mairesse nous a répondu qu’en raison de la période préélectorale elle proposait de l’envisager pour… la fin avril 2026! Vu que d’autres maires mettent en place cette initiative, nous nous sommes rapprochés de l’association des Maires de France qui nous a dit ne voir aucune objection à ce projet. Nous avons donc relancé la mairesse et attendons son retour.

* Le 4 octobre : sortie ornithologique avec la Ligue de Protection des Oiseaux. Ne ratez pas l’occasion de venir observer les oiseaux migrateurs qui traversent notre région avec un spécialiste de l’avifaune. Notre guide vous apprendra à les identifier. D’ores et déjà inscrivez-vous par mail.

Départ 8h parking des Combettes.

D’ici là, portez vous bien et faites attention aux moustiques…

Saint-Restitut Nature & Patrimoine

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