Chers amis,
Le printemps s’est installé. Le potager commence à nous offrir ses fèves, ses asperges, ses pois, ses radis. A certains endroits les fruitiers et les oliviers ont souffert de la morsure du froid. Il nous reste encore un mois à redouter que d’ici les Saints de glace (11, 12 et 13 mai), ne survienne une gelée noire qui serait dévastatrice.
Le printemps est le moment du renouveau. En tant que fête païenne à l’origine, Pâques donnait lieu à des manifestations au moment de la première lune après l’équinoxe. Pour les trois religions monothéistes, c’est aussi le moment de la réflexion, de la mémoire et de la purification. La Pâque juive (du 12 au 20 avril), dite fête de Pessa’h, rappelle l’exode des Hébreux hors d’Egypte, libérés de l’esclavage par Moïse, et le passage de la mer Rouge pour atteindre la terre promise.
Chez les chrétiens, Pâques marque la fin du carême, période d’austérité de 40 jours née le Mercredi des cendres, au lendemain du Mardi Gras. Pâques, qui aura lieu dimanche prochain, célèbre la résurrection du Christ après sa crucifixion le Vendredi Saint, jour de recueillement marqué par le jeûne et l’abstinence (pas de viande), jour qui reste férié en Alsace et chômé dans les Antilles françaises. La tradition veut que l’on mange de l’agneau le jour de Pâques en souvenir de l’agneau pascal qui est une figure importante de l’Héraldique médiéval, symbole de la pureté et de la justice, qui rappelle la Passion de Jésus. Cette offrande pascale est commune aux trois religions, même si chez les juifs le sacrifice de l’agneau a été remplacé par le pain azyme depuis la destruction du Temple de Jérusalem. Chez les juifs, cette tradition rappelle l’ordre donné par Dieu à chaque famille d’immoler un agneau et d’en répandre le sang sur les portes des maisons des Hébreux pour signaler à l’Ange de la Mort d’épargner leur maison du fléau de la mort des premiers nés qui ne devait frapper que les Egyptiens (l’une des dix plaies d’Egypte du Livre de l’Exode).
D’une façon différente mais similaire au point de vue de l’introspection, les musulmans ont observé le jeûne du Ramadan, mois placé sous le signe de la charité, qui s’est achevé le 30 mars dernier.
Le symbole de Pâques, c’est l’oeuf, gage de fertilité et de renaissance. Dans la tradition chrétienne, les oeufs sont bannis durant le carême puis, à l’issue, ils sont offerts, peints en rouge pour rappeler le sang du Christ.
Il existe une tradition locale autour du Brassado de Pâques. C’est une brioche provençale qui remonte au Moyen-Age, connue aussi sous le nom de pain des pénitents. En forme de bracelet, on l’enfilait autour d’un bâton pour le vendre lors des fêtes villageoises du Comtat Venaissin. Il était coutumier que les jeunes mariés (les “novi” dans la langue de Mistral), le portent au poignet au moment de leur union. Et pour les Rameaux (le dimanche précédent le jour de Pâques) ont les faisait bénir à l’église. C’est une brioche parfumée à l’eau de fleur d’oranger qui a la particularité d’être d’abord cuite à l’eau bouillante, puis dorée au four.
* Belle affluence pour la sortie botanique. Sous la houlette de René Roux et en compagnie de membres de la société de botanique de la Drôme, une trentaine de participants sont allés découvrir dans les sablières de Saint-Restitut les plantes uniques qui peuplent cette station (Voir photos). Peu de gens savent que nous avons là des espèces uniques à l’échelle du département.
* Bonne nouvelle ! Nos amis de l’association « Vivre, respirer, se déplacer en Tricastin » nous informent de l’arrêt du projet d’échangeur de la Drôme Provençale. En effet, le préfet a reconnu publiquement que « Le projet n’avance plus. […]. C’est un projet qui va mourir tout seul de sa belle mort » (La Tribune 10/4/25). Position confirmée par le Président de la Communauté de Communes.
* Bis repetita placent ! Olivier Fury peut respirer. Cet homme courageux avait entamé depuis 15 ans des travaux de restauration dans un monastère du XIIIe siècle, classé mais abandonné, celui des Augustins de Montagnac (Hérault). Avec son association, il investit 360 000 euros de travaux jusqu’en 2021, date où il entre en contentieux avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC). Après 3 ans de procédure, le tribunal de Béziers vient de lui donner raison. Espérons que cela serve de leçon à l’administration et la conduise à exercer sa vigilance vis à vis des horreurs commises sur certains sites, plutôt que de pourchasser des mécènes courageux et altruistes.
* Le père de Palomino Molero s’en est allé. Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature et membre de l’Académie française est mort hier à Lima à l’âge de 89 ans. L’écrivain d’origine péruvienne était admiré pour sa vision des réalités sociales. Initialement tenté par le communisme et la guérilla péruvienne, son rejet de la révolution cubaine le fait changer de camp et s’engager à droite, jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle. Pour le (re)découvrir ; La ville et les chiens, La maison verte, La Tante Julia et le Scribouillard, Il pensait que les rêves sont les seules réalités de la vie….
Tout notre équipe vous souhaite de Joyeuses Pâques !
Saint Restitut Nature & Patrimoine